Parkinson et chute
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Maladie de Parkinson : comment prévenir les chutes ?

La maladie de Parkinson représente la seconde cause de handicap d’origine neurologique chez les personnes âgées après les AVC. Cette affection entraîne des troubles moteurs qui ont des conséquences sur la qualité de vie. En effet, les chutes sont particulièrement fréquentes. Comment reconnaître les symptômes de la maladie de Parkinson ? Comment prévenir les chutes avec des solutions thérapeutiques et ergonomiques ? Découvrez mes conseils dans cet article.

Maladie de Parkinson : qu’est-ce que c’est ?

La maladie de Parkinson est une affection neurodégénérative qui se caractérise par la destruction progressive d’un neurotransmetteur spécifique : la dopamine. Située dans la substance noire du cerveau, cette hormone est impliquée dans la transmission des informations sensori-motrices vers une autre zone du cerveau : le striatum. Celui-ci a un rôle dans le contrôle des mouvements et la gestion de la douleur.

La dégénérescence graduelle de la dopamine entraîne des lésions sur le plan moteur comme une lenteur, un tremblement et une rigidité des muscles. D’autres cellules nerveuses peuvent être touchées et les signes cliniques peuvent varier.

Si les systèmes noradrénergiques, cholinergiques, sérotoninergiques ainsi que le cortex sont affectés, la personne peut présenter des hallucinations, des gestes involontaires, des troubles cognitifs et des troubles axiaux en plus des symptômes typiques de la maladie. Les signes axiaux s’observent par des troubles de la marche, de la posture et de l’équilibre. On peut également retrouver un trouble de la parole ou de la déglutition.

Quels sont les symptômes ?

Le diagnostic se pose sur l’observation de trois signes cliniques ou aussi appelés triade parkinsonienne.

L’akinésie

L’akinésie caractérise une difficulté à initier le mouvement sans que la force musculaire soit diminuée. Le blocage s’explique par une incapacité motrice à tendre le bras ou la jambe par exemple. On peut également parler de bradykinésie qui correspond à une lenteur dans l’exécution des mouvements ou encore d’hypokinésie qui se définit comme une réduction de l’amplitude de mouvements.

Ce symptôme s’évalue par différents tests tels que :

  1. Le tapping test ;
  2. le prono-supinations ;
  3. l’opposition des doigts ;
  4. le temps de marche.

L’akinésie entraîne une diminution des expressions du visage, des clignements des yeux, du balancement des bras et des problèmes de motricité fine. La personne peut avoir des difficultés à ouvrir une boite de conserve, fermer les boutons de sa chemise, ouvrir un yaourt ou appuyer sur son tube de dentifrice.

L’hypertonie

L’hypertonie extrapyramidale s’observe par une rigidité musculaire et par un signe de la roue dentée. Un test rapide permet de la détecter. Lorsqu’on lâche le membre, celui-ci reste dans la même posture puis redescend par à coup. L’hypertonie peut toucher l’ensemble des muscles ainsi que le rachis.

Elle prédomine sur les fléchisseurs et est responsable d’une position très caractéristique de la maladie de Parkinson : une posture fléchie vers l’avant. En effet, les personnes parkinsoniennes ont tendance à marcher en se penchant vers l’avant et à fléchir les membres.

Le tremblement

Dans la maladie de Parkinson, le tremblement est fin et rythmé. Il se manifeste seulement au repos sur les membres supérieurs : tête, doigts, mains, bras ou inférieurs comme les jambes. Le tremblement ne concerne qu’une seule partie du corps. Ce signe disparait lors de mouvements volontaires, de changements de posture ou d’attitude. Il n’est pas toujours systématique. Cependant, il s’accentue en cas de stress ou d’émotions fortes.

Le freezing

Le freezing fait partie des symptômes typiques de la maladie. Il se caractérise par une impossibilité à marcher ainsi qu’une immobilité soudaine. Sur le plan moteur, les pieds restent collés au sol et la personne n’arrive plus à avancer ni même à transférer le poids de son corps sur une jambe comme si elle était gelée. Le freezing peut durer de quelques secondes à quelques minutes et se manifeste lorsque la personne marche ou veut commencer à marcher.

D’autres symptômes peuvent accompagner la triade parkinsonienne :

  • Manque d’intérêt émotionnel ;
  • Dépression ;
  • Anxiété ;
  • Douleurs rhumatismales ;
  • Diminution de l’odorat ;
  • Diminution du réflexe de déglutition ;
  • Troubles du sommeil ;
  • Constipation ;
  • Fatigue chronique ;
  • Perte de poids.

Les causes de la démence parkisonienne

Les causes de la maladie de Parkinson restent encore inconnues. Cependant, on suppose qu’elle est due à une prédisposition génétique. Les facteurs environnementaux sont possiblement responsables. Une exposition aux métaux lourds comme le plomb, le manganèse ou le cuivre, à certains pesticides, herbicides, des solvants organiques et autres polluants peuvent favoriser son développement.

Un antécédent de traumatisme crânien avec une perte de connaissance peut être également à l’origine de cette affection neurodégénérative. Cela peut s’expliquer par les événements inflammatoires et l’accumulation de protéines dans la région cérébrale.

Les solutions pour prévenir les chutes dans la maladie de Parkinson

Les personnes qui souffrent de la maladie de Parkinson sont sujettes à des vertiges, des troubles de l’équilibre et des troubles moteurs qui sont responsables de chutes. La diminution de la masse et du tonus musculaire affectent les gestes de la vie quotidienne. Il est important de mettre en place certaines mesures pour prévenir ces risques.

L’aménagement du domicile pour anticiper les chutes de la paralysie agitante

Les espaces de vie doivent être aménagés aux mieux pour réduire les dangers. Voici quelques conseils :

  • Désencombrer les pièces ;
  • Retirer les fils qui traînent au sol et les fixer contre une plainte ;
  • Enlever les tapis ;
  • Installer un éclairage adapté et des chemins lumineux pour la nuit ;
  • Placer des barres d’appui dans les sanitaires : toilette et salle de bain ;
  • Disposer des réhausseurs sur les sièges, les chaises et les canapés ainsi que dans les w.c. ;
  • Porter des chaussures ergonomiques à scratch et non à lacets.
  • Installer toujours un siège à proximité pour la cuisine et les soins d’hygiène ;
  • Faire appel à une aide à domicile pour les taches ménagères et les courses.

Les outils thérapeutiques

Les aides à la marche pour soutenir la mobilité

Le déambulateur, la canne, les béquilles ou les bâtons de marche sont des aides précieuses. Ils permettent dans un premier temps de rassurer la personne et d’offrir un soutien à la marche. Le rollator à 4 roues est conseillé dans la maladie de Parkinson. Il dispose d’une fonction avec freinage inversé, ce qui permet au rollator de s’arrêter immédiatement. Cet outil détient également un ralentisseur réglable pour s’adapter aux capacités de chaque individu et une ligne laser pour surmonter le blocage en cas de freezing.

Le path Finder est un dispositif médical qui permet de prévenir les chutes et d’atténuer le gel. Cet instrument projette des signaux visuels pour solliciter l’initiation des pas et retrouver une mobilité. Un autre outil révolutionnaire améliore la réponse sensori-motrice et prévient les pertes d’équilibre : le dispositif walk. Celui-ci repose sur la rééducation neurologique par stimulation auditive. L’appareil émet des sons pour aider la personne à corriger sa posture, fixer son attention sur la marche et lutter contre le freezing.

La physiothérapie pour éviter les chutes

La physiothérapie est recommandée dans les troubles de la marche. Cette méthode thérapeutique corrige les problèmes d’équilibre, améliore la flexibilité et favorise l’initiation de mouvements grâce à des exercices de marche, des programmes proactifs et des séances de rééducation.

La physiothérapie participe activement à l’augmentation des capacités cardiaques, respiratoires et motrices. Une étude récente publiée par The Lancet Neurology montre que les exercices d’endurance pratiquaient à hauteur de 3 fois par semaine pendant 30 à 45 minutes permettent d’atténuer significativement les symptômes moteurs dans la maladie de Parkinson.

La kinésithérapie pour améliorer la mobilité

La kinésithérapie se relève bénéfique dans le traitement des troubles moteurs. La mission du kinésithérapeute est de favoriser une rééducation à la marche en améliorant l’équilibre et la mobilité. Les exercices diminuent les tremblements et l’hypertonie. Les séances sur tapis roulant sont notamment conseillées pour diminuer les chutes dans la maladie de Parkinson. Les plateaux vibratoires proprioceptifs corrigent les troubles de la marche, améliorent la posture et l’équilibre et préviennent les faux pas. Les exercices d’étirements et le pédalo en kinésithérapie soulagent la rigidité musculaire sur les muscles fléchisseurs et favorisent un renforcement pour lutter contre la perte de tonus et de masse musculaire.

L’activité physique pour optimiser les capacités motrices

L’activité physique augmente la production de l’énergie et participe à une meilleure connexion nerveuse entre les neurones. Elle diminue les enzymes inflammatoires et soulage les douleurs musculaires. La pratique sportive favorise le développement d’antioxydants qui ont un effet protecteur sur le cerveau et permettent de prévenir les troubles cognitifs, les insomnies et la dépression

Voici une liste de sports conseillés dans la maladie de Parkinson :

  • Boxe ;
  • Vélo ;
  • Marche nordique ;
  • Natation ;
  • Rameur ;
  • Danse ;
  • Yoga ;
  • Pilates ;
  • Qi-Qong ;
  • Golf ;
  • Gymanastique douce.

La cure thermale spéciale maladie de Parkinson

Cette cure est prescrite par le médecin traitant et dure 3 semaines. L’objectif est de proposer des soins thermaux comme la balnéothérapie ou l’hydrothérapie associée à des soins de relaxation (massage, yoga…) et des soins de rééducation pour améliorer les symptômes moteurs et secondaires de la maladie de Parkinson. La cure permet de travailler la mobilité et d’atténuer considérablement les douleurs.

Seulement 3 établissements sont spécialisés  :

  • Chaine thermale du soleil ;
  • Ussat-Les-bains ;
  • Thermes Néris-les-Bains.

À retenir

La maladie de Parkinson est une maladie lente et progressive. Il est essentiel d’envisager une consultation chez un neurologue tous les 6 mois afin d’évaluer l’avancement de la maladie. Les troubles moteurs ont un impact considérable sur la qualité de vie et peuvent être responsables de chutes. Plusieurs solutions sont possibles pour prévenir ce risque :

  1. Développer un environnement sécuritaire ;
  2. Utiliser des outils thérapeutiques d’aide à la marche ;
  3. Suivre des séances de physiothérapie et de kinésithérapie ;
  4. Maintenir une activité physique ;
  5. Suivre une cure thermale une à deux fois par an.

J’espère que cet article vous a aidé à y voir un peu plus clair dans la prise en charge des chutes de la maladie de Parkinson. Si cet article vous a plu, je vous invite à le partager sur vos réseaux sociaux. 😀

  • HAS Santé - Guide parcours de soin maladie de Parkinson dd
  • EM consulte - Aspects neurochimiques de la maladie de Parkinson

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